Les propositions du CNIPH pour une législation future...


Dès la conception du CNIPH, nos échanges entre coordinatrices avaient mis en relief des idées pour le futur. Des suggestions que nous souhaitions proposer au coeur des négociations à venir sur la législation devenue indispensable. Bien évidemment, ces idées ne pouvaient se limiter aux nôtres et nous avions besoin de vos attentes, de vos craintes, de vos propositions créatives.

Notre enquête a permis de recueillir tout cela grâce à vous au fil des semaines.

Nous pressentions qu'un courant de pensées consensuelles au sein de notre profession pouvait se profiler rapidement. Les résultats de notre enquête l'ont confirmé.

 

De tout cela nous pouvons aujourd'hui, d'une voix commune, transmettre aux instances, aux autres professionnels de santé ainsi qu'aux médias les suggestions suivantes,  regroupées en trois thèmes :

 

 

1- Hypnovigilance pour la sécurité des patients

 

De la qualité de la formation initiale et continue découle la sécurité des patients, des thérapies et celle aussi des soignants dans leur pratique.

➢La qualité des formations incombe aux instituts, aux universités et aux formateurs.

➢La pratique de l'hypnose thérapeutique doit être strictement réservée aux professionnels de santé et aux psychologues.

➢Une évaluation des pratiques post-formation par des supervisions et des intervisions ainsi qu'une formation continue sont indispensables.

 

2-Valorisation de la formation

 

L'accès aux professions de santé quelles qu'elles soient ainsi qu'en psychologie est conditionné à une sélection d'entrée par concours ou par CV et lettre de motivation. Nombre de diplômes de spécialisation ou de formations continues sont construits sur le même schéma.

Afin de sélectionner les professionnels de santé et psychologues désirant s'orienter vers l'hypnose thérapeutique et ce en fonction du type de formation choisie (douleur aigüe, douleur chronique, hypnose médicale et clinique, thérapies brèves, etc...) et en fonction de leur parcours initial, de leurs expériences et de leurs objectifs à terme, nous proposons de conditionner l'inscription et l'obtention de la qualification :

 

➢À une lettre de motivation accompagnée d'un CV et/ou entretien au sein de l'institut souhaité pour la formation,

➢À une présence obligatoire aux formations, supervisions

➢À un programme général consensuel sur tout le territoire dans une fourchette de durée. Chaque institut ou université gardant une certaine latitude dans l'organisation détaillée de sa ou de ses formations.

➢À une validation du diplôme ou de la formation assurée par un ou des examinateurs extérieurs à l'institut ayant assuré la formation des candidats. On peut pour cela imaginer par région une rotation des formateurs d'un institut à l'autre pour la cession de validation comme dans la plupart des examens.

➢À une validation à la fois théorique par la soutenance d'un mémoire sur un sujet lié à la fois à l'hypnose et aux objectifs futurs du candidat ; et une validation pratique par une démonstration d'une technique choisie par l'examinateur.

➢À la délivrance de diplômes nationaux communs aux instituts et universités (par exemple un Diplôme d'État en Hypnose Thérapeutique ou en Douleur Aigüe, en Douleur Chronique, etc).

➢Chaque candidat ayant validé sa formation initiale aurait alors la possibilité de poursuivre sa formation continue dans le même institut ou au sein de tout autre institut ou université du territoire proposant des thèmes spécifiques.

 

 Toutes ces propositions sont valables pour chaque profession de santé et psychologues.

 

➢Plus spécifiquement pour les infirmières et infirmiers diplômés d'État, un certain nombre de nos membres ont suggéré que l'hypnose devienne une spécialité à part entière au même titre que les IADE, IBODE ou infirmières de puériculture ; ou qu’elle soit incluse comme une activité de Pratiques Avancées. D’autres membres ainsi que les deux coordinatrices du Collectif imaginent plutôt l’hypnose comme une compétence  officiellement reconnue par les ordres et les instances ( comme infirmière douleur, hygiéniste ou de santé publique). Cette spécifité viendrait compléter le diplôme d’état quelle que soit la spécialité infirmière pour une pratique reconnue en équipe comme en libéral au sein de leur réseau de soins et ce dans un rôle prescrit comme dans leurs rôles propres décrits dans le décret de compétences. La pratique de l’hypnose respectant les champs de compétences et les expériences professionnelles de chacun pour le plus grand bénéfice des patients.

On voit que l’éventail des possibilités est large dans ces propositions.

Le débat reste ouvert car la solution existe et sera trouvée par une entente entre les instances et toutes les  professions qui collaborent au chevet des patients, chacune avec leurs propres valeurs et forces.

3-Vers une législation

 

L'hypnovigilance et la valorisation de la formation évoquées plus haut seraient les garants d'un cadre légal qui pourrait alors être discuté et argumenté sérieusement auprès du Ministère de la Santé, des Ordres Professionnels, des ARS, de la CPAM, des mutuelles pour signer un accord de protection de la pratique de l’hypnose thérapeutique réservée exclusivement aux professionnels de santé et psychologues.

 

Reste enfin une ambiguïté importante à lever et qui est à l'origine de nombreux troubles dans la compréhension des messages échangés entre tous les partenaires de ces discussions. Une ambiguïté qui serait un frein à toute législation future en l'état.

Il devient indispensable de lever le doute entre toutes les dénominations utilisées par les Instituts, les DU, les professionnels de santé et les psychologues. Suivant les écoles, on entend parler de praticiens en hypnose, d'hypnopraticien, d'hypnothérapeutes, d'hypnose médicale, d'hypnose thérapeutique... Certaines professions souhaiteraient se "réserver" une dénomination et de fait l'interdire aux autres, les conseils donnés aux stagiaires lors de leurs formations concernant ces termes ne sont pas consensuels d'un site d'enseignement à l'autre.

Au même titre que l'uniformisation des diplômes, et dans l'intérêt des patients avant tout, pour qu'ils puissent se retrouver sur cette carte du soin, le débat doit être ouvert, discuté entre tous les partenaires afin d'aboutir à une entente équitable pour tous.

 

Pour toutes ces raisons

 

Le CNIPH se propose de rester le porte-parole de la profession d'infirmier et de devenir partenaire officiel de toutes les négociations à venir auprès des instances et des autres partenaires du monde de l'hypnose (CFHTB, sociétés savantes, autres collectifs professionnels paramédicaux à naître...) car nous avons tous des objectifs communs au-delà des intérêts personnels et des cercles professionnels, ceux qui vont dans l'intérêt des patients.